Après des essais infructueux en vue de reproduire l'isolement
et la purification de "l'acide helvellique" (mélange d'acides
organiques et principalement d'acide fumarique, sans effet toxique
particulier), LIST et LUFT ont isolé la véritable toxine : la
N méthyl N-formylhydrazone de l'acétaldéhyde Ia, et l'ont baptisée
gyromitrine (formule brute : C4H8N2O). Cette structure a été
confirmée par la synthèse et par le dosage dans le champignon.
La gyromitrine est un liquide légèrement volatil (Point d'ébullition
sous 760 mm de mercure = 143°C et thermolabile ; cette particularité
chimique rend compte, d'une part, des difficultés rencontrées
lors de son isolement, et, d'autre part, de l'inconstance des
intoxications. La gyromitrine la conduit par hydrolyse dans
les tissus du champignon et in vivo dans le bol alimentaire
lors de sa consommation à la N-Méthyl N-FormylHydrazine (MFH)
II, puis à la N-Méthyl-Hydrazine (Mono-MéthylHydrazine : MMH)
Ill (vide infra). Par la suite huit autres hydrazones Ib-i,
homologues et présentes en plus faibles quantités, ont été mises
en évidence dans le champignon ; elles diffèrent par la nature
du dérivé carbonylé (aldéhyde) condensé avec la MFH . La nature
et les proportions de ces composés sont regroupées dans le tableau
I. D'autre part, il n'est pas exclu que la MFH volatile soit
conjuguée à des molécules plus lourdes ; dans cette hypothèse,
la dessication et la lyophilisation ne permettraient pas leur
élimination totale du champignon.
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