[Les métaux lourds] . [Les effets toxiques] . [Les syndromes redoutables] . [Gyromitra Esculenta]
 
 
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par Didier Michelot - copyright 1999-2000

Les toxines (suite)

Le dosage des gyromitrines a donné des résultats différents selon l'espèce chimique recherchée, les conditions expérimentales d'analyse (la préparation des échantillons et les méthodes de détection employées), l'origine des champignons et leur état de conservation. Dans le Àignon, le principe actif semble présent, d'une part, sous forme de la gyromitrine Ia, des hydrazones homologues Ib-i (et autres produits lourds de couplage Ij) et d'autre part de MFH II. Dans les différents travaux publiés à ce jour, ces produits ont été dosés indifféremment, mais le dosage de la MFH ou celui de son produit d'hydrolyse immédiat, la MMH, semble le plus judicieux. Les différentes méthodes ont permis de connaître les propriétés physicochimiques des substances toxiques en fonction de l'état du champignon, et de donner ainsi des informations utiles quant à sa toxicité potentielle. La méthode titrimétrique évaluant la quantité de MMH dans un extrait brut a fourni des valeurs comprises entre 1 200 à 1 600 mg/kg de champignons frais. Elle a permis de montrer que les gyromitres lyophilisés et séchés ne sont pas exempts de toxine et en contiennent des quantités notables : 260 à 300 mg/kg . La chromatographie en phase vapeur n'autorisant que la mesure de gyromitrines et de MFH libres, originellement présentes ou résultant d'hydrolyse, exclut les produits d'association de la MFH avec des molécules de haut poids moléculaire. Les valeurs moyennes sont de 50 à 60 mg/kg et peuvent atteindre 320 mg/kg.. La chromatographie sur couche mince permet le dosage de la gyromitrine et de la MFH, puis de la MMH libérées consécutivement par hydrolyse acide : gyromitrine : 3 à 106 mg/kg de champignon sec, MMH : 50,8 à 337 mg/kg de champignon frais, 398 mg/kg de champignon séché pendant 70 jours.

Les quantités de gyromitrine peuvent varier sensiblement en fonction de la provenance et de la nature de l'échantillon ; carpophore récolté sur le terrain : MMH : 61 à 337 mg/kg de champignon frais ; mycélium de culture : gyromitrine : 34,8 à 67,9 mg/kg d'organisme frais. Pour conclure, il faut admettre que toute cueillette moyenne de G. esculenta est susceptible de contenir des qualités de MMH dans la gamme 50-300 mg/kg. A l'encontre des données ethnopharmacologiques, souvent imprécises et sans fondement réel, ces dosages ont permis d'indiquer les espèces potentiellement toxiques. Les hydrazines ont été détectées chez G. gigas Krombholtz et G. fastigiata (Krombholtz) Rehm.. D'autres espèces de Discomycètes en contiennent : des Pézizales : Cyathipodia macropus (Persoon . Fries) Dennis, Helvella crispa Fries, Helvella lacunosa Afzellius : Fries Leptopndia elastica (Bulliard ex St-Amans) Boudier et Otidea onotica (Persoon) Fuckel et des Héliotales : Cudonia circinans (Persoon) Fries, Leotia lubrica Persoon, Spathularia flavida (Persoon) Fries et Neobulgaria pura (Fries) Petrak. Elles n'ont pas été detectées dans Sarcosphaera eximia (Durieu de Maisonneuve - Leveillé) R. Maire alors que cette espèce est souvent présentée comme potentiellement responsable du syndrome gyromitrien. La présence de tels composés toxiques hydraziniques semble constituer une constante chez les champignons supérieurs.

La consommation de toutes les espèces précitées, et surtout celles appartenant au genre Gyromitra, est donc à déconseiller formellement
. Dans le champignon sec persistent des quantités de gyromitrine libre, de l'ordre de 100 ppm, qui dépendent naturellement des conditions de séchage

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