[Les métaux lourds] . [Les effets toxiques] . [Les syndromes redoutables] . [Gyromitra Esculenta]
 
 
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par Didier Michelot - copyright 1999-2000

La DL5o, action toxique sur l'animal de laboratoire (suite)

( Les premiers tests biologiques effectués sur le lapin et le cobaye ont permis une première évaluation de la toxicité aiguë, et été suivis par ceux où la gyromitrine a été administrée à des groupes de lapins et de poulets et à des doses variant de 0 à 5 mg/kg par jour pendant 90 jours, ces expérimentations ont permis d'évaluer la toxicité chronique. Les effets biologiques les plus importants sur le lapin sont des atteintes tubulaires rénales, alors que sur le poulet, plus sensible, ces altérations concernent le muscle cardiaque et le parenchyme hépatique. Aucune altération sanguine n'a été observée. Par introduction directe des toxines dans l'estomac des souris, on observe que les MFH et MMH sont beaucoup plus toxiques que les hydrazones correspondantes. La mort survient dans un délai de 0,5 à 2,5 heures. A l' autopsie, les foies sont jaunâtres et présentent une bordure sombre, leur structure lobulaire est proéminente. Les reins sont décolorés irrégulièrement et dans certains cas, présentent de grandes zones sombres dues à une hémorragie corticale. Les observations histopathologiques soulignent les nécroses de ces deux organes. La gyromitrine administrée per os à des rats et des lapins produit également une atteinte rénale.

La gyromitrine, ou son dérivé d'hydrolyse immédiat, la MFH, ont été administrés en solution aqueuse à des rats à des doses de 25 mg/kg et les urines collectées et analysées. La gyromitrine augmente la diurèse et provoque une forte excrétion de sodium (530 %) et de potassium (210 %). Cette augmentation dure à peu près 12 heures. Elle est suivie d'une rétention de sodium pendant près de 72 heures. Ces effets sont corrigés par une injection équimolaire de pyridoxine. Par contre, la MFH est sans aucun effet sur la fonction rénale. Compte tenu du caractère lipophile plus accentué de la gyromitrine, ces différences peuvent s'expliquer par une intervention au niveau du système nerveux central. Contrairement à certaines autres toxines, telles que celles contenues dans les cortinaires, les toxines de G. esculenta ne semblent pas purement néphrotoxiques, mais plutôt hépatotoxiques. Les études relatives à une action tumorigène, donc "à long terme", de l'hydrazine et de ses dérivés ont été étendues aux composés hydraziniques de G. esculenta. Alors que l'hydrazine et le sulfate de MMH accroissent de façon significative l'apparition de tumeurs des poumons chez la souris, la MMH affecte le développement de ces néoplasmes en raccourcissant leurs temps de latence. L'administration quotidienne d'une solution de MMH (à 0,01 %) à des hamsters, ou de MFH à la souris et à des hamsters conduit à la formation de tumeurs du foie, du caecum, de la vésicule et des canaux biliaires. L'injection sous cutanée à des souris de doses uniques de 100-150 µg/g d'animal produit une induction des tumeurs du poumon, de l'oesophage, des glandes clitoriales et préputiales ; ce résultat est également retrouvé à la suite d'une série de 12 injections répétées hebdomadaires de 50 µg/g de gyromitrine ou par instillations intragastriques de 100 µg/g. L'ensemble de ces résultats ont récemment entraîné le classement de la gyromitrine parmi les composés chimiques naturels cancérigènes et présents dans les produits alimentaires.

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