[Les métaux lourds] . [Les effets toxiques] . [Les syndromes redoutables] . [Gyromitra Esculenta]
 
 
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par Didier Michelot - copyright 1999-2000

<Action toxique sur des orgarnismes monocellulaires

L'étude de l'action de la gyromitrine, de la MFH et de la MMH sur des organismes monocellulaires ont confirmé leurs propriétés toxiques, voire cancérigènes ; de nouveau, on distinguera encore une action "à court terme" : l'effet bactéricide, et une action "à long terme" : l'action mutagène. La gyromitrine, par elle-même, n'a pas d'effet bactéricide sur E. coli, alors que la MMH a un effet très sensible (les doses efficaces sont de 20 µg sur boîte de Petri et 3 µg/ml dans le milieu de culture) ; la MFH, précurseur in vitro et in vivo de la MMH, ne semble présenter aucun effet inhibiteur sur 1es croissances bactériennes. Alors que l'activité mutagène sur S. typhimurium de diverses hydrazines mono- et disubstituées a déjà été mise en évidence, des essais de mutations réverses sur E. coli ont démontré que la MMH est active et non la gyromitrine. Ces résultats ont été confirmés par le test d'Ames : la MMH, même en l'absence d'activation par une fraction microsomale hépatique, est mutagène pour Salmonella typhimurium ; la MFH et la gyromitrine n'exercent pas un pouvoir mutagène significatif. En présence de bioactivation hépatique, le taux de mutation induit par la MMH est doublé, voire quintuplé; cette activation aussi observée pour la MFH résulte probablement d'une hydrolyse in situ en MMH.

Action toxique sur des systèmes biochimiques cellulaires
Les études de la gyromitrine et de ses dérivés ont été complétées par celles de leur action sur certains systèmes métaboliques tels que le Cytochrome P450, les monoamine-oxydases et les diamine-oxydases. Après administration par voie orale de gyromitrine (200 mg/kg) ou de MFH ( 150 rng/kg), soit 80 % de la DL50 à des rats, l'activité du Cytochrome P450 est diminuée de moitié alors que la MMH ne donne pas de résultats signifcatifs. Cette action inhibitrice n'est nullement entravée par la pyridoxine (qui exerce surtout son effet sur le système nerveux central . In vitro, cette perte d'activité est accentuée par l'effet inducteur du phenobarbital. Le dérivé acétylé de la MFH (Ac-MFH) ne possède pas d'action hépatotoxique et n'exerce aucune influence sur la fonction rénale, il apparaît donc que le blocage du groupement aminé libre préviendrait l'oxydation en N-nitroso N-méthylformamide (NMFA) instable et générateur d'azote moléculaire , d'acide formique et surtout de catioa méthyle ; cette entité intermédiaire est un puissant agent alcoylant et un puisssant agent mutagène. Lors d'essais d' incorporation de H-thymidine et H-uridine dans des cellules de mélanomes, les mêmes auteurs ont montré que la MFH est totalement inactive, contrairement à la MMH. Compte tenu de la faible hydrolyse produisant la MMH, il semble que la MFH, indépendamment de la MMH, est activée in vivo en métabolites toxiques qui seraient ultérieurement responsables de la cancérigénicité de ce produit La MMH est capable de méthyler l'ADN du foie de rat, de même, 6 heures après administration par voie orale à des rats de H-gyromitrine marquée sur le méthyle hydrazinique, on observe une radioactivité préférentielle du foie (2 à 3 % de la radioactivité totale initiale) avec un fort marquage de l'ADN. L'examen d'homogénéisats de foie de rats intoxiqués à la gyromitrine révèle un déséquilibre des synthèses de triglycérides, de phospholipides et de cholestérol . En ce qui concerne les premiers symptômes de l'intoxication, l'hypothèse de l' inhibition de la diamine oxydase intestinale humaine a été avancée pour justifier les troubles gastro-intestinaux observés.

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