
Implications
environnementales et toxicologiques
par
Didier Michelot - copyright 1999-2000

Est-ce
lié à l'espèce ou/et au genre?
Certains
composés chimiques sont considérés comme des outils taxonomiques
valables, ainsi les toxines pour certains genres de champignons
(par exemple, la gyromitrine dans quelques ascomycètes, l'orellanine
dans le genre Cortinarius Section Orellani, agaritine dans certaines
Agaricales, etc.). De même, on a présumé une spécificité en métal
pour un genre ou une espèce donnés de champignons. Quelques genres
accumulent spécifiquement le mercure de façon évidente, (par exemple,
Agaricus et Vascellum = lycoperdon). Les espèces poussant sur
l'herbe, principalement les Agaricales et particulièrement le
genre Agaricus, indiquent une affinité forte pour le cuivre, l'argent,
et le cadmium. À d'autres égards, les espèces poussant sur le
bois (mycorrhiziens) ou plus généralement dans un secteur forestier
(Boletales, Aphyllophorales, Auriculariales, Lycoperdales, Sclerodermales,
Tremellales) ont une tendance à accumuler le chrome, le manganèse,
le sélénium (en particulier Boletus, Suillus et Xerocomus) et
le plomb.
Cependant,
considérant l'environnement qui est déterminant, la prise de métaux
lourds caractéristique de genres ou d'espèces pourrait constituer
un marqueur d'environnement seulement si des procédures standard
étaient établies (évaluation du niveau de la contamination, du
pH du substrat, de la croissance du champignon, etc.). Néanmoins,
les fortes affinités spécifiques sont indiscutables et confirment
d'anciennes données présentes dans la littérature.. Mais comment
les champignons peuvent-ils capter les métaux lourds ? Les niveaux
élevés de métaux dans les champignons sont liés aux facteurs physico-chimiques
externes, en plus du facteur taxonomique. Les causes principales
sont les suivants : l'origine des métaux (pollution globale ou,
dans une petite mesure,, les caractéristiques du sol), du mode
du transport (poussière atmosphérique, boues d'épuration, etc.),
et des facteurs biochimiques et chimiques (pH, molécules transporteuses,
etc.). En ce qui concerne la prise au niveau du chapeau (carpophore),
le transport aérien des métaux lourds (dépôt atmosphérique : vapeurs,
poussières et aérosols) est indiscutable, particulièrement dans
le cas du cadmium, du plomb et du mercure.