[Les métaux lourds] . [Les effets toxiques] . [Les syndromes redoutables] . [Gyromitra Esculenta]
 
 

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par Didier Michelot - copyright 1999-2000

4. Le syndrome gyromitrien

Les premiers rapports de Grzymala présentaient Gyromitra esculenta (Pers. : Fr.) Fr. comme la plus dangereuse de par le nombre d'intoxications (138 graves, incluant deux décès, de 1953 à 1962) dépassant ceux causés par A. phalloides [42]. Cette dernière espèce est depuis beaucoup moins consommée.
Par le passé, les fausses morilles étaient considérées comme comestibles, cette allégation est désormais totalement rejetée, mais quelques cas d'empoisonnements sont à craindre [81]. L'empoisonnement par G. esculenta a été étudié extensivement par de nombreuses équipes, surtout en Europe du Nord, dans les pays scandinaves ou elle était vendue et l'est encore [140], sur les marchés. La nature des agents toxiques ainsi que leur mode d'action ne posent plus de question, ce sont les gyromitrines. La symptomatologie de l'intoxication est celle de la méthylhydrazine et de ses dérivés, intermédiaires importants dans l'industrie chimique [85].

4.1. Espèces responsables

G. esculenta, la gyromitre ou fausse morille, est l'espèce principalement impliquée dans le syndrome gyromitrien. C'est un Ascomycète vrai, avec des asques unituniqués et operculés (Euascomycète), un hyménium bien délimité (ordre des Pézizales) avec des spores guttiformes et un stipe bien différencié. Cette espèce est très abondante en Europe du Nord et de l'Est et sur le continent américain [46,119]. Elle n'est pas très rare et se rencontre en plaine et en montagne, plus particulièrement dans les forêts de conifères sur sol siliceux, on la trouve, par exemple, dans la forêt de Rambouillet.

En dépit de symptômes similaires, les intoxications par G. esculenta surviennent au printemps, ce qui écarte l'éventualité d'une intoxication par l'amanite phalloïde. Cette espèce peut être confondue avec Morchella crassipes (Kromb.) Boud., M. rotunda (Pers.) Boud. et de nombreuses variétés qui la côtoient pendant la même saison et en les mêmes lieux, mais s'en différencie à cause de son chapeau dépourvu de cavités et d'arêtes [11,21,72]. Quoique des cas d'empoisonnements n'eussent pas été signalés pour certaines espèces de la famille des Helvellacées - G. gigas (Kromb.), G. Infula (Schaeff. : Fr.) Quel., Helvella crispa (Scop. : Fr.) et H. lacunosas Afz. :Fr. - ; celles-ci contiennent des gyromitrines et doivent être considérées comme potentiellement toxiques. Cette liste n'est cependant pas exhaustive dans la mesure ou les progrès en chromatographie et une meilleure connaissance des mécanismes toxiques pourraient l'étendre à d'autres espèces dans le groupe [1].

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