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par Didier Michelot - copyright 1999-2000

4. Le syndrome gyromitrien

4.3. Traitement, toxines et mode d'action

Le caractère idiosyncrasique de ce type d'intoxication (sensibilité ou insensibilité individuelles) présenté auparavant peut être explicité par cette dernière réactivité chimique, la réactivité du maillon azote-hydrogène (N-H). Une voie de détoxication usuelle de l'organisme - l'acétylation - pourrait distinguer en cas de consommation les "acétyleurs rapides" des "acétyleurs lents" et ainsi protéger les premiers probablement [101] (on sait le rôle de cette destruction en thérapeutique antituberculeuse par le Rimifon précisément).
La seconde étape chimique est primordiale. Dans ce type d'intoxication, elle explique la cytolyse hépatique et aussi une action cancérigène démontrée in vivo. Par une oxydation à deux électrons sur l'hydrazine monosubstituée, une entité diazène instable se forme, elle se décompose selon deux voies différentes, chacune produisant un intermédiaire très réactif. La première est la formation d'un radical méthyle ou une oxydation additionnelle produisant un cation méthyle [56]. Ces deux intermédiaires peuvent alcoyler les différentes entités cellulaires, cofacteurs ou macromolécules.

De nombreuses publications ont prouvé que les monooxydases de mammifères [19], de même que les flavine triméthyl hydrogénases peuvent oxyder les hydrazines en diazènes, et dans le cas de radicaux, ils ont été mis en évidence par piégeage spécifique. Les espèces réactives interagissent alors ou bien avec les groupements prosthétiques des enzymes comme l'hème ou le motif flavine ou bien dans un autre mécanisme avec les acides aminés inclus dans le site actif ou pire encore, avec les molécules présentes sur les lieux - comme le glutathion - dont la fonction est la protection de la macromolécule vis à vis des agents agresseurs. Dans les trois cas envisagés, la perte de l'activité biologique survient ; elle est suivie par la destruction de l'organe, le foie. Les différentes étapes de ces transformations chimiques sont décrites dans la figure de la page suivante.

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