5.1.
Espèces responsables et suspectes
Le
genre Cortinarius est un "ensemble" fongique multispécifique
très complexe dont les représentants se retrouvent dans toute
l'Europe [86], parmi ce groupe taxinomique, les espèces C. orellanus
(Fr.) Fr., C. speciosissimus Kühner et Romagnesi. voire C. splendens
Henry ont provoqué des intoxications désormais bien connues
et décrites.
Le recensement par Grzymala des cas d'intoxications par les
Cortinaires en Pologne entre I953 et I962 indique vingt trois
cas []. Actuellement, on admet que 90 % des personnes qui ont
consommé cette espèce sont sérieusement empoisonnées, Considérant
le nombre de cas graves observés, les espèces responsables du
genre Cortinarius prennent la seconde place derrière Amanita
phalloides (Vaill.: Fr.) large Link [79,80] La certitude d'une
redoutable toxicité, quoique revendiquée par quelques acharnés,
n'est plus à récuser ; le cas le plus surprenant reste celui
de l'intoxication collective de 26 jeunes soldats participant
à un exercice de survie dans le Morbihan [8,97,129]. Une autre
espèce apparentée, C. speciosissimus, s'est révélée pareillement
toxique selon des rapports cliniques provenant de nombreux pays
d'Europe (Finlande : [53], Ecosse : [118,143] ; Suède: [52],
en Norvège : [24], Italie : [13], Allemagne : [92]).
La toxicité de ces deux espèces est donc actuellement établie
sans équivoque. La toxicité d'une troisième espèce, C. splendens,
a été relatée en Haute Savoie [17,18,28,36,] et en Suisse [114].
Dans le premier cas, en dépit de controverses concernant une
détermination exacte de l'espèce en cause, les symptômes étaient
similaires à ceux provoqués par C. orellanus et C. speciosissimus,
quoique atténués. Un cas d'intoxication par une espèce appartenant
probablement aux Cortinaires a été décrit aux Etats Unis [87].
Compte tenu de leur composition chimique [29,50] - quoique des
intoxications par d'autres espèces genre Cortinarius n'aient
pas encore été rapportées - une large proportion doit être considérée
comme suspecte et leur toxicité pourrait être révélée ultérieurement,
Une espèce non apparentée : Amanita smithiana Kühn. (typique
du continent américain) est responsable de syndromes néphrotoxiques,
les périodes d'incubation sont nettement plus courtes, cependant,
il faut craindre une implantation en Europe de cette espèce
avec les nombreuses espèces végétales importées [66].