5.2.
Symptomatologie
Les nombreuses observations cliniques et en particulier l'intoxication
collective survenue en Bretagne en 1987 ont permis désormais
de dresser un tableau général du syndrome orellanien (Fig. 3c).
Il convient d'insister sur la très longue période d'incubation
(de 2 à 20 jours) qui autorise des consommations répétées du
champignon sans apparition de symptômes initiaux. En premier
lieu, nausée, vomissements et diarrhée accompagnent des problèmes
gastriques et des douleurs abdominales. Ces troubles digestifs
disparaissent spontanément, mais après un court délai, une intense
soif inextinguible se développe avec sécheresse de la bouche,
sensation de froid, anorexie, fatigue musculaire et céphalées.
C'est alors que s'installe progressivement et silencieusement,
une oligurie puis une anurie. L'examen des urines démontre une
albuminurie et une hématurie, l'examen sanguin un accroissement
du taux de l'urée et de la créatinine. Dans la plupart des cas,
l'étude.histopathologique du tissu rénal démontre une néphrite
tubulo-interstitielle avec nécrose des tubules et infiltration
leucocytaire du parenchyme, confirmées en microscopie photonique
et électronique [93].
Si ces lésions deviennent sérieuses, et en l'absence d'un traitement
approprié, l'insuffisance rénale devient chronique (jusqu'à
50% des cas selon différents auteurs) ; elles impliquent des
dialyses répétées ou bien même une transplantation rénale. De
plus, des problèmes neurologiques s'y superposent : somnolence,
perte de conscience, convulsions, tremblements du visage. Une
cytolyse hépatique quoique légère peut apparaître. Le décès,
suite de l'insuffisance rénale, se produit généralement dans
les cas graves deux à trois mois après. Aucune toxine ne peut
être détectée dans les urines et le sang lors des premiers symptômes,
par contre il semblerait possible de le faire dans les prélèvements
de biopsie rénale (PBR), la toxine serait donc extrêmement rapidement
accumulée dans le rein [112].