[Les métaux lourds] . [Les effets toxiques] . [Les syndromes redoutables] . [Gyromitra Esculenta]
 
 

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par Didier Michelot - copyright 1999-2000

5. Le syndrome cortinarien

5.3. Traitement, toxines et mode d'action

Il serait essentiellement orienté vers l'élimination de la toxine du système circulatoire, que ce soit par hémoperfusion ou hémodialyse par utilisation de membranes appropriées, même dans le cas ou l'ingestion date de plusieurs jours [13,44,52,87,116,129]. Dans les cas très sérieux, l'insuffisance rénale aiguë apparaît d'emblée [33,63]. Il faut souligner que la diurèse forcée est à proscrire, en effet, loin d'être une solution à la situation anurique, un passage forcé par le système rénal ne peut que hâter et amplifier le processus néphrotoxique dans la mesure ou il accentue l'accumulation des toxines dans les reins (vide supra). L'originalité des empoisonnements dus aux espèces du genre Cortinarius réside dans l'aspect plus que secondaire de l'atteinte hépatique, et autorise une nette distinction avec les autres intoxications causées par A. phalloides [77,148] et G. esculenta. [81,83].

Pour ce qui est des toxines ; déjà, en 1961, Grzymala obtenait une substance brute, qu'il dénomma orellanine [41] et l'action in vivo sur des souris était comparable à celle des champignons concernés. Cependant Testa indiqua que ce n'était en réalité qu'un mélange de trois composés principaux ; la grzymaline, les benzonines a and b, et la cortinarine [125]. La première identification chimique indiscutable a été accomplie par Antkowiak et Gessner [4]. La structure du produit pur isolé est le N, N' dioxyde de la 3,3',4,4'-tétrahydroxy-2,2'-bipyridine-I,l'- [5], confirmée par la suite par synthèse chimique des mêmes auteurs [3]. La préparation chimique, ainsi que celles d'analogues, a été depuis améliorée par de nouvelles méthodes (voir [19,79,80]. Antkowiak et Gessner ont également isolé la toxine de C. speciosissimus et signalèrent la sensibilité du produit vis à vis de la lumière ou de la chaleur qui la transforme en orellinine et finalement en orelline, non toxique [3]. L'orellanine fut de même détectée chez C. speciosissimus, C. orellanoides Henry et C. rainierensis Smith et Stuntz [57] ; C. brunneofulvus Fr., C. fluorescens Horak, C. henrici Reum. membres de la section Orellanr (subgenus Leprocybe Mos.) [2].
Les différentes méthodes présentées antérieurement en vue de la détection de l'orellanine et de ses dérivés dans les espèces fongiques, mais surtout dans les fluides biologiques sont ni infaillibles ni sensibles [22,80], elles ont été néanmoins améliorées récemment et pourraient constituer une méthode très utile au double niveau du diagnostic et du suivi de l'épuration rénale [94,112].
La quantité moyenne d'orellanine dans ces espèces est approximativement 2% du poids sec [99].
Trois autres composés de nature cyclopeptidique ont été isolés et identifiés des espèces précitées, ce sont les cortinarines A, B et C [14,123]. Cependant ces résultats, n'ont pas pu être reproduits et font l'objet d'une forte polémique [60,73,124], ce qui invalide les hypothèses concernant leur mode d'action, liées à l'existence et à l'implication réelle de ces composés dans le processus néphrotoxique [80]. Il est difficile actuellement de conclure quant à l'identité exacte de ces dernières toxines - contrairement au cas d'A phalloides, - des espèces chimiques apparentées et inconnues pourraient jouer un rôle dans le mécanisme néphrotoxique. En tout état de cause, quelles que soient les structures impliquées, elles doivent être ajoutées à la liste des substances néphrotoxiques [37,110,141].

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