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par Didier Michelot - copyright 1999-2000

5. Le syndrome cortinarien

Structure chimique des toxines orellaniennes.

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La toxicité et les effets histopathologiques de différentes espèces de Cortinaires administrées par voie orale, sur la souris ou le hamster reproduisent les effets observés sur l'homme [41,100]. Après une dose sublétale de C. speciosissimus, sur le rat, le rein est toujours la cible privilégiée, préférentiellement sur l'épithélium tubulaire. Les cellules épithéliales et les tubules proximaux sont d'abord touchés, aucun changement n'est observé dans les glomérules ; les altérations fonctionnelles sont indiscutables après cinq jours, la régénération commence après dix jours et est achevée après deux mois [61]. La nécrose qui suit le processus néphrotoxique aboutit à l'insuffisance rénale aiguë, dont l'importance est toujours fonction de la dose toxique de champignons ingérés qu'ils soient frais, séchés ou cuits.
Dans ce type d'intoxication, une DL50 ne peut rendre compte d'un effet qui n'est pas nécessairement létal, mais qui induit une insuffisance rénale aiguë ou chronique, cependant certaines expérimentations ont permis de l'estimer sur le rat, elle est de l'ordre de 5 mg/kg en orellanine brute, cette valeur équivaut à 2 g/kg de champignons secs [139] ; 2,20 g/kg de C.orellanus and 3,I2 g/kg de C. speciosissimus [99]. La "DL50" humaine est estimée à I00-200 g/kg de champignons frais.
Indépendamment de la dose toxique ingérée ou administrée, de nouveau, une résistance génétique a été observée [89]. Il apparaît expérimentalement que dans ce type d'intoxication les femelles seraient plus résistantes que les mâles [90], cette donnée expérimentale a été confirmée dans le cas de deux patients des sexes différents ayant absorbé des quantités équivalentes d'agent toxique [28,47]. Des expérimentations animales ont testé diverses drogues pour contrecarrer l'action néphrotoxique. Le furosémide - diurétique - potentialiserait la nécrose rénale [88,91]. De même, un prétraitement avec la phénobarbitone, actif sur le métabolisme hépatique (vide supra) augmente les lésions corticales, ce qui confirme l'intervention hépatique.
L'action toxique de l'orellanine a été étudiée sur des cultures de cellules rénales, l'absence de lésions au niveau membranaire a suggéré une action plutôt intracellulaire [48,49] ; ainsi que sur des cultures unicellulaires, aucun effet sur la phagocytose ou la pinocytose n'était alors observé [58].

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