
par
Didier Michelot - copyright 1999-2000

Particularisme
des intoxications par les champignons
2.1.
Occurrence de l'intoxication (suite)
L'arrivée
des champignons est attendue et de plus annoncée à grand renfort
de publications : livres et articles dans des magazines. destinés
au grand public ; ces derniers bien souvent peuvent contenir des
illustrations fausses, ainsi que des informations désuètes et
erronées.
Les portraits-types du patient intoxiqué par des champignons,
déjà décrit dans de nombreux mémoires correspondent à deux profils
[62]. Le premier groupe est constitué par une tranche de la population
négligente qui n'a eu aucun accès aux informations autorisées
sur leur toxicité potentielle et pour qui les champignons constitue
un apport alimentaire additionnel, voire supplétif.
Ce
cas est bien illustré par un nombre surprenant d'intoxications
en Pologne à la fin de la seconde guerre mondiale, l'alimentation
était alors soumise à de fortes restrictions ; ces accidents ont
cependant fourni les premières données statistiques sur les espèces
toxiques, elles sont encore valables.
Le
deuxième groupe, paradoxalement [42] le plus abondant, concerne
des ramasseurs possesseurs de connaissances mycologiques douteuses,
approximatives ou anciennes. Ce sont les "mycologues d'automne",
qui forts de leur savoir, s'exposent, ainsi que leurs proches
qui leur font confiance, à une intoxication qui conduira à l'atteinte
irréversible d'un organe, voire au décès.
Pline l'ancien définit de la façon suivante les champignons toxiques
: "S'ils naissent (les champignons) auprès d'un clou de brodequin
militaire ou d'un morceau de fer rouillé ou d'une étoffe pourrie,
ils transforment aussitôt en poison tous les sucs et toutes les
saveurs de ces substances étrangères (...), si des bolets se sont
trouvés auprès d'un trou de serpent, s'ils ont été frappés de
son haleine en commençant à s'ouvrir, par une affinité pour les
poisons qui les disposent à prendre le venin".