2.1.
Occurrence de l'intoxication (suite)
Cette
explication quelque peu simpliste sur la toxicité reflète malheureusement
certaines connaissances encore répandues dans le grand public.
La toxicité de tel spécimen fongique ne doit surtout pas se
référer à des notions empiriques (la couleur claire ou sombre
du chapeau, la coloration d'une pièce en argent, la présence
d'une limace sur le chapeau, etc.), mais à des informations
s'appuyant sur des données scientifiques fondées.
Les premières sont apparues avec la mise en évidence des toxines
phalloïdiennes, par le groupe du professeur Wieland à Heidelberg
; c'est le point de départ des connaissances dans cette science.
Par la suite, des recherches multidisciplinaires ont révélé
d'autres toxines dans d'autres espèces, et explicité leurs mécanismes
d'action, et le nombre des espèces "absolument sans danger"
va en diminuant au regard des propriétés pharmaco-toxicologiques
des substances renfermées.
Telle
espèce reconnue sans danger au début du siècle - Gyromitra
esculenta par exemple - a suscité des mises en garde
concernant sa préparation culinaire (consommation sous forme
crue ou cuite, rejet de l'eau de cuisson, etc.) ; la révélation
du caractère mortel de l'espèce a tenté de dissuader des ramasseurs
réfractaires. Enfin, des accords internationaux ont interdit
sa vente ainsi que des produits commerciaux qui en dérivent.
Malgré l'instauration de réglementations, il s'avère que les
indications issues d'observations in vitro et in vivo, puis
d'avertissements lancés par les milieux scientifiques n'ont
qu'un impact faible [140].